Chez Air Transat, nous disons souvent que nos équipages forment une grande famille. Mais récemment, sur le vol TS398 à destination de Punta Cana, cette expression a pris un tout autre sens. Pour la toute première fois de notre histoire, un Airbus A321-200 a décollé de Montréal avec, à son bord, une famille entière pour veiller sur nos passagères et passagers: Patrice Roy, commandant de bord, Terry Bayer, directrice de vol, ainsi que leurs enfants Élizabeth et Olivier, tous deux pilotes commandants en second.
À l’occasion de la fête des Pères, nous célébrons cette famille dont l’histoire d’amour avec l’aviation traverse les générations, les continents et le temps.
Une passion sur trois générations
Pour les Roy-Bayer, regarder vers le ciel est une seconde nature. Il faut dire que leur arbre généalogique est profondément ancré dans l’aviation : les grands-pères étaient pilotes, les grands-mères agentes de bord, et des oncles partagent également cette vocation.
Après plusieurs années comme pilote chez Québecair dans les années 60, le père de Patrice démarre sa compagnie de brousse à Sept-Îles. C’est d’ailleurs là que Patrice a fait ses premières armes en aviation : « J’ai commencé comme gars de quai et gérant de base sur la Côte-Nord, puis j’ai bougé à l’extérieur de la province. J’ai volé sur des Cessna, des Beaver-Otter, puis des Metroliner. J’ai été embauché comme pilote chez Air Transat en 1996 sur le Lockheed 10-11, et mon père est venu me rejoindre en 1998 pour finir sa carrière. On a réussi à voler ensemble une fois, il était mon copilote ! »

« J’ai toujours regardé mon père comme si c’était mon héros. Pour les autres petits garçons c’était Superman, mais moi, quand je voyais mon père en uniforme de pilote, c’était lui mon héros », confie Patrice.
Ce n’est donc pas le hasard qui fait que Patrice cumule aujourd’hui 28 ans de carrière chez Air Transat.
« J’ai toujours voulu être pilote ; je ne me souviens pas d’avoir voulu faire autre chose comme métier. Même jeune garçon, à l’école, mes exposés oraux étaient sur l’aviation. Si j’avais à recommencer ma carrière demain matin, je referais exactement la même chose. »
L’humain derrière l’uniforme
Olivier se souvient de l’impact de ce métier sur leur vie familiale : « Avec les horaires atypiques et les absences, ça créait une dynamique particulière. Mais le résultat, c’est que quand il était là, il était présent à 100 % et on avait de super beaux moments en famille. On a eu la chance de beaucoup voyager avec lui, aussi. »
Et porter le chapeau de papa pour jouer au pilote, c’était un classique !
« Grandir avec un parent pilote, voir mon père arriver et repartir en uniforme, pour moi personnellement c’était vraiment une fierté, partage Élizabeth. J’aimais le voir à travers le regard intrigué de mes amis, parce qu’au fond, c’est un métier que les gens ne connaissent pas vraiment. Pour nous c’était ça la normalité, mais ce n’était pas le cas des parents de mes amis. »
Aujourd’hui, ils ne s’inspirent pas seulement de la technique de leur père, mais de son héritage humain. Car même s’ils ont grandi avec un papa plutôt du genre taquin, ils ont découvert une tout autre facette de lui au travail.
La fierté d’Élizabeth et d’Olivier se nourrit aussi de l’amour que l’industrie porte à leurs parents.
« Ce qui est le plus spécial pour moi, confie Olivier, c’est d’opérer des vols avec des collègues qui ont déjà travaillé avec mes parents et qui me racontent des histoires sur eux. Ça me fait toujours chaud au cœur. » Élizabeth confirme ce sentiment d’appartenance : « Notre nom nous suit. Ça crée une familiarité assez facilement avec les équipages qu’on rencontre et on essaie fort de faire honneur à la réputation de notre famille sur trois générations. »
Un destin… impossible à éviter!
« Notre père, c’est pour nous quelqu’un d’amusant, de drôle, qui ne se prend pas au sérieux. C’était tout un contraste pour nous de chanter avec lui dans l’auto en chemin vers l’aéroport, et ensuite de le voir devenir très sérieux en se présentant à l’équipage. On a compris qu’il a un immense sens des responsabilités et qu’il y a un temps pour chaque chose ».

Pourtant, malgré cet héritage imposant, Patrice a toujours tenu à ce que ses enfants tracent leur propre chemin.
« C’était important pour moi de les laisser avancer par eux-mêmes. J’ai toujours enseigné aux enfants de faire un métier qu’on aime », explique-t-il. « Dès le début, j’ai vu une rigueur, même à leur jeune âge, à exceller dans leurs cours de pilotage… alors qu’on ne peut pas dire qu’ils avaient le même intérêt pour leurs cours à l’école secondaire ! Je ne les avais jamais vus étudier aussi fort. »
Pour Olivier, qui hésitait d’abord entre devenir policier ou travailler en cinéma, le déclic a eu lieu lors d’un vol dans un petit Cessna avec un ami de la famille. « J’ai eu la piqûre. C’est vraiment ce vol qui m’a convaincu d’aller faire mes licences. Il faut dire que d’avoir accès à notre père, ça allégeait le stress ! On pouvait aller voler avec lui en revenant de l’école, par exemple. »
Élizabeth, de son côté, voulait être certaine de choisir ce métier par passion et non par simple mimétisme. Mais dès qu’elle a mis les mains sur les commandes, l’évidence s’est imposée : « J’avais peur de choisir ce métier-là seulement parce que mon père était pilote. Mais impossible que je fasse autre chose. J’ai sauté à pieds joints. »
Si Patrice n’a pas été surpris de leur choix, il n’a pas pour autant essayé de les faire changer d’idée. Et il se plaît beaucoup dans son rôle de mentor.
« Comme on est en début de carrière, on fait face à plein de nouvelles situations, et quand on lui en parle, avec ses presque 30 ans d’expérience, il a pas mal tout vu. C’est une grande richesse pour nous d’avoir accès à des outils et des connaissances, de pouvoir en parler entre nous. »
Aujourd’hui, Élizabeth et Olivier s’inspirent au quotidien du plus grand legs de leur père : son éthique de travail. Car le métier de pilote, ce n’est pas seulement une fois que la porte du poste de pilotage est fermée et que l’avion est décollé ; c’est un grand travail d’équipe ! « Ça arrive souvent que je me demande comment il réagirait à une situation difficile. Ça m’inspire encore aujourd’hui », souligne Élizabeth.
Patrice et Terry, une histoire d’amour écrite dans le ciel

Il est impossible de raconter l’histoire de cette famille sans parler de la mère d’Olivier et Élizabeth, directrice de vol chez Air Transat depuis plus de 33 ans. Terry et Patrice se sont rencontrés en 1996, lors d’une escale technique à Goose Bay. Il faut savoir qu’à l’époque, Air Transat opérait des vols entre Vancouver et Londres, mais ne possédait pas les avions à rayon d’action suffisant pour se rendre directement en Europe. L’itinéraire devait donc s’arrêter à Goose Bay pour y faire un changement d’équipage et un ravitaillement.
« Ça fait maintenant 28 ans qu’on s’est rencontrés au restaurant de Goose Bay pendant cet arrêt technique. On ne s’est jamais lâchés depuis », confient Patrice et Terry, dont la complicité est toujours intacte.
Pour Terry, ce vol en famille représente l’accomplissement d’une vie.
« Oui, je suis fière de voir les enfants dans la même industrie que nous, mais pas seulement parce qu’ils font le même métier que leur père. Comme parent, je suis heureuse de les voir sur leur X, parce qu’ils ont trouvé ce qu’ils aiment faire. Il y a 100 % de probabilités que je pleure quand je vais les voir entrer ensemble dans le poste de pilotage. »
Un décollage mémorable

« Dans ma carrière, il y a quelques moments dont je vais me souvenir pour le reste de ma vie : voler avec mon père, avec mon frère… Mais quand mes enfants ont annoncé qu’ils voulaient être pilotes, je me suis dit qu’un jour j’aurais la chance de voler avec les deux en même temps. C’est assez spectaculaire pour moi de voir ce rêve prendre vie aujourd’hui » .
S’il est habituel pour Patrice et Terry de croiser des collègues qui ne tarissent pas d’éloges sur le professionnalisme et la gentillesse d’Élizabeth et Olivier, opérer un vol tous ensemble relevait jusqu’ici du rêve.
« On est vraiment une famille tissée serrée. On habite tous à moins de 10 minutes l’un de l’autre, on se voit et on s’appelle tous les jours, on soupe ensemble plusieurs fois par semaine… Des moments pendant lesquels on parle beaucoup d’aviation, évidemment ! », raconte Olivier. « On a tous travaillé l’un avec l’autre au fil des années, mais tout le monde ensemble, en même temps, c’est vraiment une première. C’est un moment vraiment spécial pour notre famille. »
Alors que l’avion quittait le sol montréalais, ce n’était pas seulement un équipage chevronné d’Air Transat qui prenait les commandes, mais une famille unie par une passion commune, prête à écrire le plus beau chapitre de son histoire.
De la part de toute la grande famille d’Air Transat, bonne fête des Pères à Patrice, et à tous les papas qui inspirent leurs enfants à viser toujours plus haut.